XVIème

« Si je craignais de mourir en autre lieu que celui de ma naissance, si je pensais mourir moins à mon aise éloigné des miens, à peine sortirais-je hors de France, je ne sortirais pas sans effroi de ma paroisse. Je sens la mort qui me pince continuellement la gorge ou les reins. Mais je suis autrement fait : elle m’est une partout. Si toutefois j’avais à choisir, ce serait, ce crois-je, plutôt à cheval que dans un lit, hors de ma maison et éloigné des miens. Il y a plus de crève-coeur que de consolation à prendre congé de ses amis. J’oublie volontiers ce devoir de notre entregent, car des offices de l’amitié celui-là est le seul déplaisant, et oublierais ainsi volontiers à dire ce grand et éternel adieu. S’il se tire quelque commodité de cette assistance, il s’en tire cent incommodités.»

De la vanité, Essais, Montaigne.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s