XXème

《La mère, ce n’est pas qu’elle était belle, ce que c’était on ne pouvait pas le dire précisément. Comme une façon d’être belle, de le savoir, et de se conduire comme une pas belle. D’oublier de savoir d’être belle, de se conduire mal vis à vis d’elle-même, de ne pas pouvoir s’en empêcher. 》

La Pluie d’été, Marguerite Duras.

XXème

《La mère avait en elle des désirs comme ça, d’abandonner. D’abandonner les enfants qu’elle avait faits. De quitter les hommes qu’elle avait aimés. De partir des pays qu’elle habitait.  De laisser. De s’en aller. De se perdre.》

La Pluie d’été, Marguerite Duras.

XXème

《 Ainsi avait-il compris que la lecture c’était une espèce de déroulement continu dans son propre corps d’une histoire par soi inventée.  》

《 – J’ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits et la peine que j’avais eue à les faire.

– Et voici : j’ai compris que tout est vanité. Vanité des Vanités. Et Poursuite du Vent.》

La Pluie d’été, Marguerite Duras.

XXème

« Autrement, à la distance où je suis de vous, de même qu’à celle où vous êtes les uns des autres, toute existence apparaît sans aucune espèce de signification, sans aucune raison d’être d’aucune espèce. Chaque existence est un problème insoluble. Les voisins de palier rangés verticalement dans les immeubles, on se demande comment c’est possible et on fait partie des rangées.
Ce qui remplit le temps c’est vraiment de le perdre. »

Perdre le temps, La Vie matérielle, Marguerite Duras.

XXème

« Peu m’importe, d’ailleurs, au fond, le bonheur ou alors autre chose, peu m’importe, mais quelque chose à me mettre sous la dent. Du moment que je suis là, il me faut mon comptant, il n’y a pas de raison. »

Le Square, Marguerite Duras.

Non classé·XXème

« Ce qui s’y passe c’est justement le silence, ce lent travail pour toute ma vie. Je suis encore là, devant ces enfants possédés, à la même distance du mystère. Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimer, je n’ai jamais rien fait qu’attendre devant la porte fermée. »

L’Amant, Marguerite Duras.