XVIIIème

« on est ce qu’on est, et le monde n’y a que voir : après tout, qu’est-ce qu’on fait dans cette vie ? un peu de bien, un peu de mal ; tantôt l’un, tantôt l’autre ; on fait comme on peut, on n’est ni des saints, ni des saintes ; ce n’est pas pour rien qu’on va à confesse, et puis qu’on y retourne ; il n’y a que les défunts qui n’y vont plus, mais pour des vivants, qu’on m’en cherche.»

Le Paysan parvenu, Marivaux.

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XVIIIème

« Cependant, elle sonne, cette heure funeste du départ ; pour deux cœurs véritablement épris, quelle différence y a-t-il entre celle-là et celle de la mort ? On dirait, en quittant ce qu’on aime, que le coeur se brise, ou s’arrache ; nos organes, pour ainsi dire enchaînés à l’objet chéri dont on s’éloigne, paraissent se flétrir en ce moment cruel ; on veut fuir, on revient, on se quitte, on s’embrasse, on ne peut se résoudre ; le faut-il à la fin, toutes nos facultés s’anéantissent, c’est le principe même de notre vie qu’il semble que nous abandonnions, ce qui reste est inanimé, ce n’est plus que dans l’objet qui se sépare qu’est encore pour nous l’existence. »

Ernestine, Sade.